
« Les retards dans les dossiers sont tels que la situation économique de nombreux jeunes en formation s’en trouve compromise. Dans ces conditions, le chef du Service de l’enseignement spécialisé et de l’appui à la formation, dont dépend l’OCBE, assumera la responsabilité directe, à titre provisoire, de la gestion de cet office. »
Telle était en substance le message adressé hier par le Conseil d’État qui annonçait le changement de tête à l’Office cantonale des bourses d’études et d’apprentissage.
En contact direct avec des milliers de jeunes en formation, dont plus de la moitié est originaire du canton de Vaud, j’ai décidé aujourd’hui de répondre par voie de presse, en mon nom propre et celui de l’Association.
Les déclarations du Conseil d’État invitent premièrement à un soulagement, celui de constater que nos autorités prennent la mesure de l’ampleur de la catastrophe dans ce domaine. Un constat à nuancer toutefois, ne serait-ce qu’en se remémorant que depuis deux ans le Canton de Vaud envisage de plus en plus sérieusement une suppression des bourses en faveur d’un système de prêts sans intérêts. Un changement qui devrait s’opérer plus rapidement encore depuis la votation populaire du 21 mai 2006.
Dans le domaine privé un Directeur qui présenterait des résultats négatifs depuis plusieurs années aurait été licencié depuis longtemps, la suspension d’Anne Giroud semble donc a priori fondée. On peut cependant s’interroger sur les limites de la responsabilité d’une telle personne lorsqu’on sait que son service voit son budget amputé années après années par ceux là même qui aujourd’hui dénonce l’incompétence de l’OCBE.
Quoi qu’il en soit, une récente étude a montrée qu’ CHF 1.- investit dans la HES SO, en rapportait CHF 3.27.- (Hebdo 18 mai 2006), une situation qui n’est certainement pas l’apanage de la seule HES. La formation reste donc, en plus d’être la banque la plus généreuse du pays (aucune autre ne propose un investissement à 327% de rendement), le seul domaine où le meilleur moyen de faire des économies, c’est justement de ne pas en faire !
Gageons que la récente prise de position du Conseil d’État vaudois apportera des résultats concrets pour les milliers de jeunes qui font chaque année appel aux services de l’OCBE. Dans l’attente une attitude plutôt critique face à ce genre de mesures semble être de mise.
Camille-Angelo Aglione
Président fondateur d'Ados Job


