L’apprentissage est une étape essentielle pour beaucoup de jeunes qui s’insèrent dans le monde du travail après leur scolarité obligatoire. Depuis plusieurs années, nous remarquons pourtant qu’il est devenu laborieux pour ces jeunes de décrocher une place d’apprentissage. D’un côté les entreprises souhaitent de plus en plus embaucher des jeunes avec de l’expérience professionnelle et de l’autre, les jeunes ne demandent qu’à être formés pour faire leur preuve. Maude Bourdon, 16 ans, apprentie employée de commerce chez Rolex et Mydai Phongsanit, 18 ans, apprentie employée de commerce au DETEC (Département fédéral de l’Environnement, des Transports, de l’Energie et de la Communication) de Bienne, se sont penchées sur la question et vous donnent à travers cet article de presse les moyens nécessaires pour rechercher une place, pour l’acquérir, mais aussi savoir quoi faire pour celles et ceux qui n’ont pas réussi ces démarches d’embauche.
Logo CPLNNous avons mené notre enquête auprès de M. Flury, doyen du secteur de préapprentissage du CPLN (Centre Professionnel du Littoral Neuchâtelois).
Nous l’avons choisit puisque le CPLN est le secteur du canton de Neuchâtel qui recueille les élèves sortant de filière professionnelle n’ayant pas trouvé de place d’apprentissage et les élèves qui ont arrêté leur apprentissage avant l’échéance. Ce secteur aide donc les jeunes à se réinsérer professionnellement en leur trouvant une place d’apprentissage et en leur donnant des cours pour parer leurs manques. Ce secteur est donc bien placé pour répondre à toutes sortes de questions liées aux apprentissages.

Suite à la problématique de la difficulté à décrocher des places d’apprentissage, M. Flury nous répond que le problème fondamental se nomme le « bourrelet démographique ». Ce terme explique que depuis plusieurs années, beaucoup de jeunes sortent de l’école secondaire, mais qu’en contre partie beaucoup d’entreprises ont arrêté de former des apprentis. La cause à cela est souvent d’avoir eu de mauvaises expériences avec les jeunes, mais aussi à cause des diverses réformes concernant la formation d’un apprenti en ce qui concerne les entreprises. Pour remédier à ce problème les cantons ont débloqué une certaine somme pour favoriser la formation d’apprenants (Projet Sperenza). Il subsiste tout de même un problème : comme il y a plus de demandes que d’offres, les recruteurs peuvent choisir le meilleur postulant. Ainsi il sera question de choisir des jeunes dans les meilleures filières, laissant de côté ceux qui ont un parcours scolaire moins élevé.

Bien choisir son métier :

Avant de postuler, il est nécessaire de bien choisir son métier. M. Flury nous explique que beaucoup de métiers sont à la mode. Il y a quelques années, la mode était tournée vers l’électronicien(ne), à présent elle l’est vers l’informaticien(ne). Les jeunes suivent l’évolution des technologies et des effets de mode. Et l’avis des amis devient de plus en plus important aussi. Pour correctement choisir son métier il faut se renseigner et savoir où trouver ces renseignements. Dans beaucoup d’écoles secondaires une conseillère d’orientation est mise à disposition des élèves dès la 8ème année. Cette entrevue aide les jeunes à s’orienter vers leur secteur d’apprentissage, avec l’apport de tests notamment. Mais il arrive que malgré ces entrevues, des élèves restent indécis dans leurs choix de carrière. Pour ces jeunes, il y a des sites Internet très utiles comme www.orientation.ch et www.wikijob.ch. En quelques mots, ces sites sont complets et bien expliqués. Ils aiguillent les visiteurs sur les branches des différents métiers et expliquent les formations possibles ainsi que les diverses places proposées.

La dernière option pour ces jeunes indécis et qui ne trouvent pas de places, il reste comme nous l’avons vu plus haut, le CPLN pour les jeunes de Neuchâtel. Par le biais du CPLN, les jeunes travaillent en entreprise deux jours par semaine pour une durée indéterminée. Ceci permet aux jeunes élèves d’acquérir de l’expérience et la possibilité d’être engagé à la fin de leur insertion pour la rentrée suivante.

Pour les autres cantons de Suisse romande, il y a également des centres de réinsertion comme le CPLN. Il y a le SeMo par exemple qui est un Semestre de Motivation qui se trouve dans tous les cantons romands. Il suffit de se renseigner auprès de sa commune.

Aux dernières nouvelles, les domaines où il y a une forte demande sont la coiffure, la vente, le commerce et l’horlogerie. Mais la demande des apprentis est plutôt tournée vers les métiers socioéducatifs qui sont une nouvelle forme d’apprentissage et les métiers liés à l’esthétique. Malheureusement peu de places sont disponibles en Suisse romande.

Stage et entretien :

Il est vivement conseillé aux futurs apprentis de faire des stages en entreprise avant de signer un contrat d’apprentissage. En effet, les stages permettent un premier contact avec l’entreprise visée et une première expérience, tant pour le jeune que pour l’entrepreneur. Une place de stage se demande par écrit (demande de stage), par téléphone ou même en passant soi-même aux RH (Ressources Humaines) d’une entreprise. Les jeunes qui ont donc la possibilité de faire un stage et d’avoir un entretien avec le recruteur, doivent se renseigner sur l’entreprise en question (connaître surtout son secteur d’activité, sa production, sa démographie, l’image qu’elle renvoie, etc.). L’hors d’un entretien, il est important de prendre soin de son apparence vestimentaire : être propre sur soi et sobrement classe. Le comportement du postulant joue aussi un rôle des plus importants : il faut avoir l’air intéressé (ne pas croisé les bras, ni mettre les mains dans les poches par exemple), développer les réponses aux questions posées, prendre de quoi écrire, être souriant (avoir l’air gentil, aimable), avoir l’air soigneux, écouter avec attention, poser des questions sur l’entreprise (mais attention lesquelles pour ne pas se pénaliser). Les questions auxquelles il faut se préparer sont celles où on se décrit : trois défauts et trois qualités, pourquoi nous avons choisi cette entreprise plutôt qu’une autre et nos expériences. Il est souhaité que les défauts soient transformés en qualité dans la mesure du possible. D’après Mme Dorthe, responsable des apprentis chez Nestlé, si un stage a lieu d’être, on attend du stagiaire qu’il s’intéresse à son travail en posant des questions. Des tâches simples lui seront demandées, mais il faudra qu’il montre un vif intérêt et qu’il travaille de son mieux. Son comportement sera également évalué.

Date de postulation :

Pour mettre toutes les chances de son côté et décrocher une place d’apprentissage, il y a des dates-clés à respecter. Nous avons en premier l’avis de M. Flury du CPLN, puis celui de Mme Dorthe de Nestlé. Le premier contact avec une entreprise doit se faire en automne pour un éventuel stage (il faut attendre que le début de l’année scolaire passe). Il s’agit d’envoyer une lettre de motivation, son CV et une copie du bulletin scolaire. Bien entendu, il est préférable d’envoyer cette demande à plusieurs entreprises afin de pouvoir choisir soi-même sa place ou d’être sûr de recevoir en retour au moins une offre favorable. Dans le CV il est important de mettre en valeur toutes ses expériences et tout le vécu que l’on a dans le monde du travail. Il faut se distinguer des autres CV, nous explique M. Flury, la lettre et le CV doivent ressortir. Il faut savoir montrer sa motivation, son désir de bien faire, sa curiosité et son envie d’apprendre. Après les vacances d’hiver il est important de reprendre contact avec les entreprises. Il faut téléphoner pour montrer son grand intérêt. Les recruteurs seront heureux de l’intérêt porté vers l’entreprise. Puis, en avril et mai suivants, il est important de signer le contrat d’apprentissage.

Logo Nestlé Quant à Nestlé, Mme Dorthe nous explique que l’entreprise engage chaque année et que les dates de postulation varient selon le métier. Pour un apprentissage d’employé(e) de commerce la réception des dossiers est jusqu’à fin septembre, pour les autres métiers, jusqu’à fin octobre. Les documents à fournir sont une lettre de motivation, un curriculum vitæ et les bulletins de notes des deux dernières années scolaires. Après une première sélection de dossiers, les jeunes sont convoqués pour passer des tests. Puis une deuxième sélection s’opère où les jeunes sont convoqués pour passer des entretiens individuels. Pour Nestlé, les critères de recrutement sont : la réception d’un dossier soigné et complet accompagné d’une lettre de motivation qui explique les raisons de la postulation. L’apprenti idéal selon Mme Dorthe, est celui qui se présente bien, qui a un comportement adéquat, qui est curieux, intéressé et préparé aux interviews en s’étant renseigné sur l’entreprise avant. Quoi qu’il en soit, un recruteur s’attend à trouver les qualités suivante chez l’apprenant(e) : motivation, une forte envie d’apprendre, curiosité – se renseigner, un bon parcours scolaire, des stages effectués, une bonne maturité et un dossier bien présenté. Pour finir, Mme Dorthe conseille aux jeunes de mettre toutes les chances de leur côté en faisant plusieurs dizaines de recherches. Il faut commencer ces recherches très tôt, donc dès septembre. Les place d’apprentissage que proposent Nestlé sont nombreuses ; il y a des apprentis en tant qu’employé(e) de commerce, logisticien(ne), technologue en denrées alimentaires, laborantin(e) en biologie et en chimie, constructeur(trice) d’appareils industriels, polymécanicien(ne), automaticien(ne), cuisinier(ère), spécialiste en restauration, assistant(e) socio-éducatif(ve).

Témoignage de Léa (prénom d’emprunt)

Léa, 18 ans, vivant dans les alentours de Neuchâtel nous raconte son parcours professionnel. Après avoir terminé sa scolarité obligatoire à 14 ans, Léa sortait d’une filière des moins avantageuses avec aucune idée précise d’apprentissage. Elle choisit alors de faire une année de préapprentissage à Neuchâtel et celle-ci lui apporta beaucoup. En effet, en commençant l’année elle avait l’idée de devenir cuisinière. Mais avec du recul, elle se rendit compte que les horaires de ce métier ne lui correspondaient pas et qu’il fallait mieux attendre sa majorité. C’est ainsi qu’elle entra en insertion dans une agence de voyage en tant qu’employée de commerce. Malgré la mauvaise entente avec ses collègues, elle apprécia beaucoup ce métier. Les mois ont passé très vite et il était trop tard pour postuler pour une place d’apprentissage. Elle était paniquée de ne pas savoir ce qu’elle allait faire de sa vie. Mais une porte s’est ouverte grâce à ses bonnes moyennes scolaires et à l’encouragement des enseignants du secteur de préapprentissage. Elle était admise à l’école de commerce de Neuchâtel. Elle fut ravie que le mois d’août qui suivrait serait pour elle une nouvelle expérience. Malheureusement pour elle, elle se rendit compte dès le début que ça n’était pas ce qu’elle voulait. Elle recommença aussitôt à envoyer ses lettres de postulation, si nombreuses qu’aujourd’hui elle ne les compte même plus ! Six mois plus tard, elle reçu un appel pour passer un entretien pour une très bonne place. Après 1h15 d’entretien, elle sortit avec le sourire et avec une bonne impression, il s’avérait être son meilleur entretien. Généralement, le délai d’attente d’un entretien à la réponse d’engagement ou pas, est de deux semaines. Mais Léa reçu cette fois la réponse le lendemain de l’entretien. La responsable du poste souhaitait soumettre Léa à un deuxième entretien avec ses parents cette fois-ci. La responsable lui annonça que la place d’apprentissage était pour elle, mais comme elle n’était pas la seule à correspondre à ce poste, la responsable voulait qu’elle réfléchisse bien avant de signer le contrat. Léa rappela la responsable un matin de bonne heure et expliqua qu’elle voulait vraiment cette place, le lendemain elle fut engagée. Aujourd’hui Léa est en 2ème année d’apprentissage. Elle a peut-être perdu deux ans à chercher sa place d’apprentissage, mais elle ne regrette rien, car elle ne changerait sa place actuelle contre aucune autre. Elle a pour projet d’obtenir son CFC et ensuite d’aider les jeunes à trouver des places d’apprentissage, les soutenir comme les enseignants du secteur de préapprentissage ont pu faire pour elle.

Que faire en cas d’échec :

Avant tout il est important de ne pas se laisser aller, il y a toujours une solution. En cas d’échec, il faut rechercher tout de suite une activité pour l’année suivante. En effet, les recruteurs n’aiment pas embaucher des jeunes qui n’ont pas su remplir leur temps libre par une activité professionnelle. Même si vous ne trouvez pas de place d’apprentissage, rien ne vous empêche de faire des petits jobs pendant vos postulations. Ceci montre aux futurs employeurs que vous n’avez pas peur de travailler et que vous avez acquit de l’expérience dans le monde du travail. Le bénévolat de quelques semaines n’est pas quelque chose à repousser si vous avez l’occasion d’en faire. En effet, le bénévolat présente bien dans un CV, l’employeur voit que ce n’est pas uniquement l’aspect financier qui vous motive, mais les contacts humains, le travail en équipe, apporter de l’aide et chercher un enrichissement personnel. Pour ceux qui préfèrent voyager et apprendre une langue au lieu de faire des petits jobs, les échanges linguistiques sont conseillés. En effet, ils vous permettent d’apprendre la langue de votre choix et de découvrir une autre région, sans oublier que vous avez la possibilité de trouver un petit job qui vous donnera plus d’expérience. L’orientation professionnelle propose plusieurs associations qui permettent de partir en échange linguistique dans plusieurs pays et pour des durées qui vont de 2 semaines à 1 an.

Quelques liens :

Les séjours linguistiques

Places d’apprentissages

Sans oublier, la recherche dans les journaux et par le bouche-à-oreille.

M. Bourdon & M. Phongsanith, janvier 2008